À tous ces "feel-good books" qui nous veulent du mal


Pour Agnès.


Sur les tables des librairies, depuis quelques années, il y a les récidivistes des points de suspension et des sentences à la petite semaine, les incorruptibles de la gaieté bon marché et des injonctions de magazines féminins à aller bien. Il y a aussi des idées de bonheur en carton et des élans factices de joie. Et il y a surtout de la désespérance et une envie de crier que la littérature – celle qui sauve – ne se niche jamais à l'endroit des titres tapageurs à grosses ficelles des gros tirages !

Abracadabrantesques… 165 titres, à peine en vrac, sortis entre 2002 et 2019, pour une histoire à dormir debout qui se passe de commentaires :


Un jour, j’ai changé de parfum. Un truc soi-disant super auquel on ne me reprendra plus. Le doux parfum de l’avenir. À l’aube de ma nouvelle vie. Le jour où j’ai appris à vivre. Ça a commencé comme ça. C’était pas censé se passer comme ça. C’est une chose étrange à la fin que le monde. Je dirai malgré tout que cette vie fut belle. Toute résistance serait futile. Entre mes doigts coule le sable. Entre mes mains le bonheur se faufile. Graines de bonheur. 100% bonheur. Le bonheur commence maintenant. Pour un soir seulement. Seulement si tu en as envie… Tout ça pour toi. Tout en haut de ma liste. Tu as promis que tu vivrais pour moi. Avec des si et des peut-être. Un merci de trop. Il n’est jamais trop tard pour éclore. Demain si tout va bien, le temps de faire sécher un cœur. Toi. Moi. Maintenant ou jamais. Un + un = cinq… Et plus encore ! Ensemble maintenant pour toujours. Nous irons tous au paradis. Si tu me dis viens, je laisse tout tomber… J’ai toujours cette musique dans la tête. Une évidence. Tout ce que nous aurions pu être toi et moi si nous n’avions pas été toi et moi. Ensemble, c’est tout. L’année où je t’ai rencontré. Juste quelqu’un de bien.


À quoi jouent les hommes ? L’homme qui voulait être heureux. Le philosophe qui n’était pas sage. L’assassin qui rêvait d’une place au paradis. Le crocodile devenu le sac à main de Karl Lagerfeld. Le vieux qui voulait fêter son anniversaire. Un détective très très très spécial. Là où tu iras j’irai. Les opposés s’attirent. Il suffit parfois d’un zeste de folie. Juste une semaine. Là où chante l’étoile. Il n’y a pas de hasard, que des rendez-vous. Les lendemains avaient un goût de miel. Parce que c’était toi…


Les filles bien ne tombent pas amoureuses des mauvais garçons. Les filles bien n’avalent pas. Le bonheur ne tient qu’à une valise. Mes mots sont les fleurs de ton silence. Retour de flammes à la librairie des cœurs brisés. La librairie des rêves suspendus. La bibliothèque des cœurs cabossés. Le club des punks contre l’apocalypse zombie. L’immeuble des femmes qui ont renoncé aux hommes. La mélancolie du kangourou. Le cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates. Le vestibule des causes perdues. Bienvenue au motel des Pins perdus. Le secret de la manufacture de chaussettes inusables. La petite boulangerie du bout du monde. Le livre qui fait aimer les livres même à ceux qui n’aiment pas lire. Le livre qui te rend super mega heureux. La dernière réunion des filles de la station-service. Petites recettes de bonheur pour les temps difficiles. Le putain d’énorme livre du bonheur qui va tout déchirer. Les divines glaces à l’italienne d’Anna. La merveilleuse boutique de crèmes glacées de Viviane. Le charmant cottage d’Amelia. Tonny Hogan m’a payé un ice-cream soda avant de me piquer maman.


Les cœurs brisés ont la main verte. Les crevettes ont le cœur dans la tête. Même les méchants rêvent d’amour. Le bonheur n’a pas de rides. Les pingouins n’ont jamais froid. Les écureuils de Central Park sont tristes le lundi. La lettre qui allait changer le destin d’Harold Fry arriva le mardi. Cupidon a des ailes en carton. Les grandes perturbations surviennent dans les régions où l’atmosphère est d’ordinaire instable. La vie est trop courte pour être triste. L’automne attendra. Les gens heureux lisent et boivent du café. La vie est facile, ne t’inquiète pas. Seul celui qui se perd se retrouve un jour. En voiture, Simone ! Quand on est mort, c’est pour toute la vie. Il faut laisser les cactus dans le placard. Qui ne se plante pas ne pousse jamais. La terre est le plus bel endroit du ciel. Ce que je n’oserai jamais te dire… Parler ne fait pas cuire le riz.

Quand le vent caresse mes cheveux, fais-moi taire si tu peux ! Je ne sais pas dire je t’aime. Si j’avais un perroquet, je l’appellerais Jean-Guy. On ne boit pas les rats-kangourous. La vie est belle et drôle à la fois. La première fois qu’on m’a embrassée, je suis morte. Je peux très bien me passer de toi. Ma vie, mon ex et autres calamités. Colocs (et rien d’autre). Les ballons dirigeables rêvent-ils de poupées gonflables ? Pourquoi dans les grands bois, aimé-je m’égarer ? Hier encore, c’était l’été. Tout un été sans Facebook.

Les hommes cruels ne courent pas les rues. Les hommes ne lisent pas de romance. Les beaux bruns ténébreux cachent toujours quelque chose. Les hommes en général me plaisent beaucoup. Le marteau pique-cœur. Maintenant que tu le dis… Chaque mot est un oiseau à qui on apprend à chanter. C’est de l’eau. Et tu entendras le bruit de l’eau. Ne crains pas que ta vie prenne fin un jour mais plutôt qu’elle n’ait jamais commencé. Les dieux voyagent toujours incognito. Le lilas ne refleurit qu’après un hiver rigoureux. De joie coulent mes larmes. Et j’ai dansé pieds nus dans ma tête. Les petits soleils de chaque jour. Et que nos âmes reviennent.

Et il me parla de cerisiers, de poussières et d’une montagne. Et elle me parla d’un érable, du sourire et de l’éternité. Elle voulait juste marcher tout droit. Le parfum du bonheur est plus fort sous la pluie. Le jour où j’ai appris à danser sous la pluie. Il est grand temps de rallumer les étoiles. Minute, papillon ! Je ne cours plus qu’après mes rêves. Le plus bel endroit du monde est ici. Je te promets la liberté. Et tu trouveras le trésor qui dort en toi. Tu verras, les âmes se retrouvent toujours quelque part. On ne peut plus dormir tranquille quand on a une fois ouvert les yeux. Pas plus de 4 heures de sommeil. Roland est mort. Le jour où les lions mangeront de la salade verte, parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants. Si tu me le demandais. Le premier jour du reste de ma vie, n’entre pas dans mon âme avec tes chaussures.


Ça suffit ! je ne me prends plus la tête. J’aime tout ce qui me rappelle que je ne suis pas la seule à souffrir sur cette terre. Mais bien sûr ! Ma vie (pas si) parfaite. J’aime le sexe mais je préfère la pizza. Pourquoi choisir ? Soyez imprudents les enfants. Personne n’a peur des gens qui sourient. La vie commence à 20h10 : un rêve vaut bien quelques mensonges. Re-vive l’empereur. Tu comprendras quand tu seras plus grande. Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n’en as qu’une. Ne te sens pas obligé de me lire simplement parce que je suis morte. Le jour où ma vie a dérapé. Trois éclats toutes les vingt secondes. Désolée, je suis attendue. Eh bien dansons maintenant !



Illustration

Stacks, de Penelope Davis (2010)


Copyright © 2019 Justine Gossart, tous droits réservés.

Copyright © 2020 Justine Gossart, tous droits réservés
Monogramme - Copyright © 2020 Harmony Voru-Igolen, tous droits réservés